Uber Pop va revenir, google au dessus des lois ;)

oui cette semaine mes articles sont très orientés Uber, google, voiture c est un sujet qui me travail : http://www.lyonbureaux.com/google-car/

Des cartes Google Maps aux voitures sans pilote, en passant par Android Auto, son logiciel pour tableau de bord, cela fait un moment déjà que Google s’intéresse de près à tout ce qui touche à la route et au transport. Le géant de l’Internet, dont la filiale de capital-risque Google Ventures a investi environ 200 millions de dollars dans Uber, a annoncé tester en Israël un service de covoiturage, qui s’appuie sur Waze, son appli d’info trafic et de navigation communautaire (au départ israélienne, qu’il a rachetée 1 milliard de dollars il y a deux ans).

Baptisé RideWith (littéralement prendre la route avec), ce nouveau service fonctionne un peu comme une appli de rencontre : il propose de relier les personnes empruntant des routes similaires pour se rendre au travail afin d’organiser un voyage en commun, et ainsi de partager les frais. Waze joue sur la fibre « sociale » et écolo, se présentant comme un service d’« entraide », entre voisins ou collègues, et « vert » : cela permettra de réduire les bouchons et la pollution.

Pas de chauffeur professionnel

Pour l’instant, RideWith n’est lancé qu’en Israël, plus exactement dans le Gush Dan, la métropole de Tel Aviv, sur inscription, et uniquement pour les utilisateurs de smartphones Android (pour iPhone, c’est prévu « plus tard »). Mais cette expérimentation montre bien l’ampleur des ambitions de Google dans ce domaine. C’est plutôt malin de passer par Waze, déjà connu, ce qui demandera moins de travail de marketing que de lancer un truc tout nouveau. Le service ne fonctionnera que pour les trajets aller-retour domicile travail prévus aux heures de pointe : Google veut éviter que le conducteur en fasse une activité professionnelle à la UberPop et n’en génère un bénéfice, une condition aussi stipulée chez BlaBlaCar.

A la question (en hébreu) « est-il possible de gagner sa vie comme chauffeur RideWith ? » La réponse de Google est clairement « non ». Il est d’ailleurs interdit à un conducteur de proposer un autre service comme la livraison de colis. De quoi éviter la levée de boucliers des taxis ou des pouvoirs publics auquel Uber fait face dans de nombreux pays (carte).

Entraide et commission

Non, RideWith n’a rien à voir avec Uber. Un porte-parole de Google a d’ailleurs assuré au Wall Street Journal que :

« RideWith est une expérimentation dans la région de Tel Aviv qui n’entre pas en concurrence avec Uber : c’est une plate-forme bâtie pour permettre aux conducteurs locaux de s’entraider pendant les heures de pointe des déplacements domicile-travail. »

Un discours semble-t-il bien rodé qui reprend l’argumentaire de l’économie du partage. Le prix du trajet de covoiturage (appelé « pitch-in », une participation ou un « coup de main ») sera calculé par l’appli elle-même sur la base d’indices (prix du carburant au kilomètre, estimation de l’usure). Et le paiement passera aussi par l’appli, à la Uber, une fois le trajet effectué. Google-Waze prendra bien une commission forfaitaire, non précisée à ce stade, qui serait semble-t-il assez limitée. Il insiste dans la présentation des conditions d’utilisation : il n’est qu’un facilitateur, qu’un intermédiaire, l’accord de covoiturage n’étant conclu qu’entre passagers et conducteurs.

Uber « uberisé » ?

Quel intérêt alors pour Google s’il ne s’agit pas de développer un vrai business à la Uber ou à la BlaBlaCar ? Primo, accumuler toujours plus de données : Waze enregistre tout, les trajets, le type d’appareil utilisé, l’adresse IP (comme il est expliqué dans la politique de confidentialité, en anglais) ; des données utiles pour nourrir l’index du Web de Google et potentiellement « monétisables » sous la forme de publicités ciblées et géolocalisées (tiens, une promo de la station service ou de la supérette du coin).

Secundo, étendre la « communauté » des utilisateurs Waze à ceux qui lui préfèrent d’autres dispositifs de navigation et ainsi améliorer encore la fiabilité de ses itinéraires. Tertio, placer ses pions sur un marché en pleine explosion, dans le monde entier : de quoi faire mal à des acteurs plus ou moins établis comme la start-up française Sharette – qui vient de signer un partenariat avec la RATP pour proposer un mode de transport alternatif sur un tronçon du RER A temporairement fermé – ou iDVroom, la filiale de « covoiturage au quotidien » de la SNCF.

Et pourquoi se limiter à des trajets domicile-travail si le concept prend ? Pourquoi ne pas proposer aussi les départs en week-end par exemple ? Typiquement le gagne-pain de BlaBlaCar. Ou bien les trajets vers un aéroport ? Là, ce serait plutôt UberPop qui serait touché. Et bien sûr, pourquoi ne pas proposer finalement aux conducteurs de laisser leur voiture au garage et se faire transporter par une Google Car autonome, tellement plus fiable, qui connaîtra déjà leurs trajets et leurs habitudes, en semaine ou pas. Et ce, pour une modique somme voire gratuitement, en acceptant de regarder quelques pubs avant une vidéo YouTube. Là, Uber se sera sans doute fait à son tour « uberisé ».

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