Ce sac matelassé, retenu par une bandoulière de métal tressé de cuir et bouclé d’un fermoir de métal figurant un logo bien connu vous fait de l’œil depuis vos 18 ans. Et là, comme c’est votre anniversaire, c’est décidé, vous allez enfin vous l’offrir. Neuf ou d’occasion, peu importe car, vous êtes convaincue, c’est un bon achat. Intemporel (comment pourrait-il se démoder alors qu’il est né voici plus d’un demi-siècle ?), de belle facture (la maison qui l’a créée est réputée en la matière), estampillé objet de luxe, il fait de surcroît fantasmer les femmes aux quatre coins de la planète. Et vous aurez raison : oui ce sac est un bon investissement. D’autant plus qu’il prendra à coup sûr de la valeur. Pourquoi ? « La réponse tient en trois mots, explique-t-on chez CollectorSquare: rareté, état et provenance. C’est la base. »

Le record pour un sac Chanel Timeless : 12 481 €

Heritage, New York – 2012

Une version « jumbo » (le grand modèle) en crocodile rouge et or jaune.

Sac a main chanel timeless jumbo en cuir matelasse noir, 2 880 € sur collectorsquare.com

Concernant la rareté : les pièces uniques ou en série limitée, les commandes spéciales sont par essence difficiles à trouver. D’où le fait que leur prix grimpe facilement aux enchères. Un sac Birkin Hermès en alligator rose est plus rare qu’une montre Oyster Rolex en acier, par exemple. Et lorsqu’une marque sort un objet en série limitée ou fait une collaboration avec un artiste, elle organise elle-même la rareté de ses créations. Il faut aussi, dans l’examen de la rareté, prendre en compte les matières choisies, précieuses ou non, parfois même disparues notamment pour les pierres précieuses dont certains gisements sont épuisés, ainsi que le savoir-faire qui a présidé à la naissance de l’objet.

Concernant l’état, l’usage qui a été fait de l’objet, donc la qualité de sa matière, son âge sont évidemment pris en compte. Mais parfois, mieux vaut qu’il soit abîmé : ainsi, certaines patines de cuir peuvent présenter des défauts mais qu’importe : elles racontent surtout une histoire, possèdent un vécu qui au-delà du charme possède une véritable valeur monétaire. Ce qui amène au troisième point d’observation : la provenance : qui furent les propriétaires précédents ? Sont-ils célèbres ou non ? Ainsi, lorsque Rafael Nadal met aux enchères sa montre Richard Mille au profit d’une association, ce n’est pas seulement un objet que l’acquéreur obtient, mais une part de « Rafa », de ses victoires, presque de lui.

Et pour des pièces plus classiques ?

La réponse est encore oui. Une réponse qui tient dans l’essence même du luxe et de ses valeurs d’esthétisme et de qualité. Sans compter qu’aujourd’hui, les maisons capitalisent toutes sur leur histoire, leur patrimoine et leur héritage. Toutes mettent en avant leur ADN créatif et historique, revendiquent un « supplément d’âme. » Souvent largement justifié d’ailleurs, et qui va bien au-delà des succès éphémères ou des clients célèbres qu’on aura oublié peut-être dans dix ans. Miser sur l’authenticité autant que le savoir-faire, sur l’histoire autant que la mode, voilà les secrets de la valeur des objets du luxe. Le goût aussi qu’ils façonnent pour le beau et le vrai, cette culture si particulière qu’on dit souvent d’inités et qui se transmet de génération en génération. Car, au fait, si jamais votre sac tant désiré et enfin acquis ne devait jamais vous quitter, il y a fort à parier que, comme souvent, votre fille s’en emparera avant de le transmettre à votre petite-fille… Le luxe et l’amour pour les objets, cette transmission familiale de génération en génération est sans doute la plus belle des valeurs des objets du luxe. Et celle-ci n’a pas de prix.

Dix objets de luxe qui ont battu des records aux enchères :

– Sac 2.55, Chanel vendu chez Christie’s, Hong Kong, en 2015, au prix de 9 180 €. Un très rare et spectaculaire sac en crocodile doré mat et or jaune brossé.

– Montre Oyster Date Precision (réf 6694), Rolex, vendue chez ArtCurial, Paris, en 2012 au prix de 9 921 €. Montre en acier à cadran fantaisie rouge sur bracelet NATO. Les cadrans customisés font grimper la cote des Rolex classiques en acier.

– Sac Birkin, Hermès vendu chez Christie’s, Hong Kong en 2015 au prix de 202 000 €. Un exceptionnel sac à main en crocodile porosus rose fushia dont toutes les parties métalliques sont en or blanc serti de diamants.

– Montre Tank Obus, Cartier, vendue chez ArtCurial Monaco en 2013 au prix de 23 382 €. Montre « savonnette » à couvercle émaillé bleu de 1937 mouvement mécanique.

– Sac 11.12, Chanel, vendu chez Heritage, New York, en 2012 au prix de 12 481 €. Une version « jumbo » (le grand modèle) en crocodile rouge et or jaune.

– Sac Constance, Hermès vendu chez Heritage, New York, en 2014 au prix de 37 443 €. La version Elan (allongée) du Constance est bien plus côtée que celui dans les dimensions traditionnelles. Ici en croco noir et H doré.

– Sac Lady Dior, vendu chez Christie’s, New York, en 2011 au prix de 12 800 €. Exceptionnel sac à main en crocodile vert d’eau.

– Sac Kelly, Hermès vendu chez Christie’s, Hong Kong en 2015 au prix de 132 000 €. Un rare sac à main en crocodile noir et or.

– Sac Alma, Louis Vuitton, vendu chez Gros & Delettrez, Paris, en 2011 au prix de 4 000 €. Une série limitée créée par Azzedine Alaïa pour l’anniversaire de la maison. Pour l’occasion il a « emballé » le sac d’un tissu panthère.

– Sac Speedy 30, Louis Vuitton, vendu chez Artcurial, Paris en 2012 au prix de 2 000 €. Sac de 30 cm, la taille la plus recherchée, en édition limitée. La toile Monogram graffiti est customisée par Stephen Sprouse dans un orange flashy, état neuf.