Un nouvel incubateur culturel à dimension européenne à Lyon, les logiciels libres et la press écrite, font partis des thèmes présentés à l’européan Lab

L’ European Lab est un forum d’enjeu politique qui s’organise en parelle des nuits sonores soit cette année du 13 au 15 mai 2015. L’objectif est d’imaginer la culture du futur ou, à défaut, en parler.

Ce forum est ouvert au grand public et réunit des journalistes, chercheurs, incubateurs et artistes. Le but est de réfléchir sur l’avenir, la culture, les changements liés au numérique, la ville du futur, le rôle des médias indépendants…

Ils sont pour la plupart jeunes, indépendants et viennent de toute l’Europe ou d’ailleurs : les organisateurs considèrent que ce sont eux qui feront la vie culturelle dans 20 ans.

L’idée est née en 2011, suite au constat que de nombreux journalistes et professionnels de la culture venaient pour le festival des nuits sonores et qu’on ne leur proposait pas d’échanger entre eux de plus il n’existait pas de forum sur les nuits sonores alors qu’il y a derrière d’énormes enjeux de marketing territorial, de financement, de relation avec les marques… Finalement ils ont choisi d’élargir le thème en s’intéressant aux questions d’innovation culturelle. Le but est d’embrasser toutes les questions culturelles, notamment celles liées aux médias ou aux smart cities.

L’objectif est de réfléchir à notre offre culturelle en 2035 ce qui est important pour Lyon, pour la France et pour l’Europe, car c’est un sujet qui touche au tourisme dans les métropoles européennes, donc à l’économie et à l’emploi.

Selon l’un des organisateurs Vincent Carry, « La répartition des moyens à Lyon est à l’image de ce qui se fait dans d’autres grandes villes européennes, où les grandes institutions concentrent de manière écrasante les crédits culturels. Mais notre idée n’est pas de réduire les moyens de la culture. Au contraire, il faut sanctuariser ces moyens. C’est la répartition qui doit changer pour ne plus oublier les nouvelles générations. Et les institutions doivent pour cela repenser leur modèle économique. Je travaille à la Gaieté lyrique à Paris, une institution culturelle qui finance à 50 % ses activités. Même chose pour Arty Farty, qui organise Nuits sonores et s’appuie sur un autofinancement de 85 %. C’est vers ce schéma, qui nécessite la capacité à travailler avec le secteur privé, que les institutions vont devoir aller. »

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Les 3 thèmes qui ont retenu mon attention :

1.La résurrection de la Presse écrite :

Cette année Franck Annese, fondateur de l’entreprise de presse So Press. So Foot, So Film, Doolitle, et désormais Society. Il explique son parcourt et son succès malgrès la mort annoncé de la presse papier. Pour lui l’avenir est dans le storytelling et la manière de raconter les histoires. L’indépendance, le groupe le doit à la réussite en kiosque de ses titres et à une diversification de son modèle économique.

« On a un label de musique, une boîte de production parce que ma femme est réalisatrice, une boîte de décor et effets spéciaux parce que mon frère est déco » mais aussi une maison d’édition, expliquait Franck Annese entretenant par la même occasion son street credit à la cool.

Malgré tout, il est désormais question de gros sous :

« On met 8 millions d’euros pour sortir Society, dont 4,5 pour en faire la pub et on dépense 1 million d’euros par mois pour produire tous nos canards ».

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2.Les logiciels libres pour protéger notre sécurité :

Richard Stallman le gourou du logiciel libre est aussi intervenu, il a dit tout le mal qu’il pensait de Microsoft, Apple, Spotify ou Adobe. Il est à l’origine du système d’exploitation libre GNU et il voit dans le logiciel libre la parfaite incarnation du triptyque « liberté-égalité-fraternité ». Pour lui le logiciel libre, dont le code source est accessible et donc duplicable ou modifiable légalement, assure le respect « des droits humains ».

Les autres logiciels, Microsoft, Apple, Google, Amazon et son Kindle ou des plateformes de streaming comme Spotify et les smartphones présentent en partie (ou tout à la fois) : « des fonctionnalités de flicage qui envoient vos données à des serveurs, des DRM qui sont des menottes numériques, de la censure ou des portes dérobées qui permettent d’exécuter à distance une action via le programme ».« Quand j’ai su que le changement du logiciel à distance pouvait les transformer en dispositif d’écoute y compris quand on croit l’avoir éteint, je me suis dit que c’était le rêve de Staline. Pour les Etats actuels et la NSA, ce n’est plus un rêve c’est une réalité. Je n’aurai donc jamais de téléphone portable tant que ça sera le rêve de Staline. »

Il travaille d’ailleurs à la création d’un système de paiement en ligne anonyme qui permettrait « de ne pas de faciliter l’évasion fiscale en ne cachant pas la provenance de l’argent ». Ce projet il le développe dans le cadre de la Free Software Foundation. Pour aider à la financer, il n’a pas oublié de faire la quête. A sa façon. Il a donc mis aux enchères une peluche de gnou (en rapport à son système d’exploitation GNU prononcé comme l’animal qui est son symbole). La boule de poils est partie pour 70 euros.

En bon gourou ou pape du logiciel libre, finalement.

« J’ai fondé le mouvement du logiciel libre qui est un mouvement politique et pas une religion », répond-il sérieusement.

Il s’en est allé sur un dernier mot doux au sujet du projet de loi sur le renseignement en France. « Il faut alerter vos sénateurs contre cette loi de flicage généralisé ! ».

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3.La création d’un nouvel incubateur culturel à dimension européenne à Lyon.

L’occasion pour Arty Farty de dévoiler son ambition de créer

Prochainement un incubateur culturel à dimension européenne à Lyon.

Dans un entretien accordé à Acteurs de l’Economie, le vice-président du coordinateur de l’European Lab François Pirola a annoncé que Hôtel 71, c’est son nom, verrait le jour à la fin 2016 à la Confluence. “L’idée est d’accompagner les jeunes entrepreneurs du domaine culturel à trouver de nouveaux modèles, à innover et à créer. (…) Nous avons constaté que de nombreux acteurs du territoire rhônalpin avaient besoin de ce genre de structure. Ils partaient au moment où la région pourrait en récolter les fruits. Il faut donc les garder sur place, car leur présence est source d’emplois et d’activités”, a précisé le bras droit de Vincent Carry à nos confrères.

Une vingtaine de projets pourrait être accueillie dans l’Hôtel 71. Avec la Halle Girard, bâtiment-totem de Lyon French Tech, la Confluence sera bientôt le lieu de réflexion et de création par excellence entre Rhône et Saône.

Le projet retenu pour le lot J1a (phase post-concours)

Le projet retenu pour le lot J1a (phase post-concours)

Les 5 principaux thèmes du forum :

1) Conférence d’ouverture : La valeur de la démocratie, en présence d’Edwy Plenel

Fervent défenseur de la liberté de la presse et grande figure du journalisme d’investigation, Edwy Plenel, fondateur et directeur de Mediapart, média digital libre, inaugurera l’ouverture de l’European Lab.

2) Gourou Talk : Richard Stallman

Dans ce contexte d’indifférence à propos de la loi Renseignement, Richard Stallman, fondateur du mouvement du logiciel libre est l’invité du Gourou Talk. Récompensé par la fondation MacArthur en 1990 pour avoir crée la première version de la licence GNU, un système d’exploitation libre, il crée en 1985 la Free Software Fondation (FSF), un organisme à but non lucratif qui permettra l’embauche de programmeurs et la mise sur pied d’une infrastructure légale pour la communauté du logiciel libre.

3) Nova & SoPress, les médias indépendants, meilleurs reflets de la culture de l’époque, en présence de Frank Annese (SoPress) et Bruno Delport (Groupe Nova)

Plus que les groupes commerciaux ou institutionnels, les médias indépendants s’attachent à capter l’air du temps, comprendre les mutations, s’ouvrir à la diversité, aux mouvements émergents de toute la planète. Deux d’entre eux racontent la culture de l’époque, enjeu essentiel pour l’European Lab.”

4) Débat : l’innovation, vertiges et prodiges d’une promesse contemporaine, en présence de Zach Lieberman, Joanne Mcneil, Anne-Lise Bouyer, Frederike Kaltheuner

Aujourd’hui, bien plus que des buzzwords, les mots “innovation”, “data”, ou encore “smart” cachent un avenir qui inquiète celles et ceux qui ont cru à un Internet libre et anonyme. A l’heure où notre smartphone en sait plus sur nous que nos proches, que l’algorithme s’immisce dans le politique, tout un pan de la société s’interroge, alerte et agit. Toute une génération a décidé de faire du numérique une véritable question culturelle et politique qui inspire ses engagements personnels et collectifs.”

5) Conférence de clôture : Nan Goldin

Représentante phare de la scène photographique des trente dernières années, Nan Goldin s’est imposée comme l’une des grandes figures de la création contemporaine. Elle découvre les icônes des sub cultures qui font les années 80 : communautés queer et drag queens, scènes de l’underground rock, artistes héritiers de la factory de Warhol. Photographe du quotidien, elle met sa vie en scène ainsi que celle de ces proches.

 

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Sources : * http://www.rue89lyon.fr/2015/05/15/european-lab-2015-lyon-culture-independance/

* http://www.tribunedelyon.fr/?actualite/societe/44289-exclusif-european-lab-rencontre-avec-vincent-carry

* http://www.lyonmag.com/article/72758/lyon-un-projet-d-incubateur-culturel-a-dimension-europeenne-a-la-confluence-en-2016

*http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Culture/Vie-et-Politique-Culturelle/Les-5-conferences-de-l-European-Lab-a-ne-pas-louper

http://www.europeanlab.com

 

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